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En cette rentrée 2021, “nous avons une priorité : l’emploi”, a déclaré la ministre du Travail, Elisabeth Borne, ce lundi 27 septembre, lors de la présentation à Châtellerault du plan pour réduire les tensions de recrutement. “Une préoccupation majeure” et “un problème extrêmement sérieux”, selon le Premier ministre, Jean Castex. Ces difficultés à recruter remontent de tous les secteurs, et notamment de l’hôtellerie-café-restauration, du BTP, de l’industrie, de la santé et du grand âge, des transports et de la logistique, du commerce, mais aussi de l’informatique.

Ce plan consiste en réalité à investir massivement dans la formation des salariés et des demandeurs d’emploi. Et ce, dès 2021 et 2022. Grâce aux crédits d’urgence non utilisés pendant la crise sanitaire, au projet de loi de finances pour 2022 et au fonds national pour l’emploi (FNE), un budget de 1,4 milliard d’euros va être débloqué pour financer ce plan : 600 millions d’euros seront consacrés à la formation des salariés et 800 millions à celle des demandeurs d’emploi, dont ceux de longue durée. L’objectif est notamment de former 1,4 million de demandeurs d’emploi en 2022 grâce à ce plan. Voici l’ensemble des mesures prévues dans le cadre de ce plan.

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L’accent mis sur la formation des salariés des PME

Concernant la formation des salariés, les efforts financiers seront concentrés sur les salariés des petites et moyennes entreprises (PME), et notamment celles de 51 à 300 salariés. Avec l’entrée en vigueur de la réforme de la formation professionnelle en 2018, en effet, ces entreprises n’ont plus accès aux fonds “mutualisés” de la formation professionnelle. Ce qui a logiquement réduit leurs moyens financiers pour proposer des formations à leurs salariés. Dans le cadre de son plan pour lutter contre les tensions de recrutement, le gouvernement prévoit de rendre à nouveau éligibles ces PME aux fonds mutualisés. Cette mesure sera financée dans le cadre du fonds national pour l’emploi (FNE), en 2022. Cela permettra à ces PME de former 350.000 salariés supplémentaires l’an prochain, d’après les chiffrages de l’exécutif (300.000 formations courtes de 40 heures en moyenne et 50.000 formations longues de 400 heures en moyenne).

Vers une simplification de Transco

Co-construit avec les partenaires sociaux et lancé début 2021, le dispositif “Transco” – pour “Transitions collectives” – vise à favoriser la reconversion des salariés dont les emplois sont menacés, vers des métiers qui recrutent dans leur territoire. Via une plateforme territoriale, les entreprises en difficulté peuvent ainsi faire connaître le nombre de salariés souhaitant entamer une reconversion professionnelle et les métiers qu’ils recherchent. De leur côté, les entreprises qui recrutent ont accès à ces données. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’État prend intégralement en charge la rémunération des salariés et les coûts de leur formation suivie dans le cadre de Transco. La prise en charge s’élève à 75% pour les entreprises ayant entre 300 et 1.000 salariés et à 40% pour celles de plus de 1.000 salariés.

Mais ce dispositif manque encore de visibilité et est difficile d’accès, notamment pour les plus petites entreprises. Dans le cadre de son plan présenté ce lundi, le gouvernement prévoit donc de simplifier Transco, afin de le rendre plus accessible aux PME. Actuellement, pour mettre en place ce dispositif, les entreprises doivent adopter un accord de type “Gestion des emplois et des parcours professionnels” (GEPP). Ce qui est compliqué à obtenir dans les PME. Pour elles, le gouvernement prévoit donc de remplacer cet accord type GEPP par une simple consultation du Comité social et économique (CSE) sur la liste des métiers menacés.

Par ailleurs, le dispositif Transco pourra être mobilisé dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC), ce qui n’est pas le cas actuellement. De quoi permettre un financement (total ou partiel) par l’État des formations suivies par les salariés dans ce cadre. Enfin, les plateformes territoriales d’appui aux transitions professionnelles verront leurs moyens renforcés dans le cadre de ce plan, avec un budget de 30 millions d’euros qui leur sera consacré.

Davantage de formations associées à une promesse d’embauche

Comme le recommandait l’association Solidarité nouvelles face au chômage dans un rapport publié le 16 septembre, le gouvernement prévoit de développer les formations dans le cadre des préparations opérationnelles à l’emploi (POE) et les formations préalables au recrutement (AFPR) pour les demandeurs d’emploi. Ces formations, proposées par Pôle emploi, permettent concrètement aux chômeurs de se préparer à leur prise de poste. “Ces formations en situation de travail reposent sur l’entrée immédiate du demandeur d’emploi dans l’entreprise : il apprend un métier sur les mêmes lignes de production ou situations de travail que les salariés expérimentés, avec l’appui d’un mentor au sein de l’entreprise et d’un accompagnateur pédagogique. Sa rémunération est prise en charge pendant la formation (il est stagiaire de la formation professionnelle)”, détaille le gouvernement dans son dossier de presse. Le plan prévoit ainsi de créer 15.000 actions de formations supplémentaires dans ce cadre.

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